LES CONFERENCES

 

La Chanson Délirante

Conférence déjantée, fantastique odyssée temporelle, du début du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Une vision transversale de notre patrimoine langagier

En ces temps de morosité ambiante, la chanson arbore bien rarement les couleurs de l’humour et du comique, presque jamais celle du délire. L’imagination est bien loin d’avoir pris le pouvoir, c’est pourquoi il nous a paru particulièrement opportun de faire fructifier et connaître le saint non sens et les extravagances du sens de la chanson. Les candidats se nomment Dranem, Henri Salvador, Boby Lapointe, Nino Ferrer etc. De quoi animer une actualité politique déjà marrante.

Nini Dogskin, François Billard et Martial Paoli, vous offrent sous la forme d’une conférence musicale détournée un panorama en chansons particulièrement savoureux. De Faut rigoler aux Cornichons tout le monde s’y retouve dans un spectacle de plus d’une heure, où chacun peut dénicher son petit coin (drôle).

La chanson délirante occupe dans la chanson un rôle analogue à celui de l’humour noir – si bien exemplifié par Breton – à côté de l’humour et peut apparaître comme un genre à part avec ses personnages singuliers comme Boby Lapointe ou le grand précurseur, Dranem, un des rares chanteurs qui trouva grâce auprès des surréalistes.

La «conférence» se présente sous une forme «délirante», c’est en quelque sorte un détournement d’un genre «sérieux», voire universitaire. La chanteuse et le pianiste illustrent au fur et à mesure les propos du conférencier qui, lui-même, expose son sujet avec un sérieux de convention, frôlant à tout instant la parodie, le tout bascule évidemment dans l’humour et la dérision...

 


Charles Trenet et les zazous

Conférence musicologique, socio-historique (François Billard)
Proposé en conjonction avec le spectacle : Cabaret Zazou –chansons de Charles Trenet
La conférence dans l'après midi, le spectacle le soir Durée 1h30

Le milieu des années 1930 fut particulièrement riche en bouleversements. Le Front populaire marqua un véritable tournant pour la société française. L'Allemagne avait vu les nazis prendre le pouvoir depuis peu et les évènements allaient se précipiter (Guerre d'Espagne, etc.), En France, l'écho de la musique américaine s'amplifiait. Le jazz, certes, n'était pas chose nouvelle, mais il connut alors un développement universel inédit, devenant « la » musique à la mode, sous le nom de « Swing ». Comme le serait, pour donner une idée de la dimension du phénomène, le rock n'roll au milieu des années 1950. La chanson française en fut profondément affectée : rompant avec son propre passé pour accéder à un âge nouveau. Et ce furent bien des musiciens, des jazzmen, tel Cab Calloway, qui inspirèrent les chanteurs français (Charles Trenet, Johnny Hess, Jean Sablon, Pills et Tablet).. Cette révolution musicale deviendrait un véritable phénomène social, le porte-parole de nos zazous bien français qui sous l'occupation allemande incarneraient tout un style de vie ; une sorte de révolution quotidienne. Sous la botte allemande inventeraient l'irrésistible slogan « Pour une France swing dans une Europe zazoue ! ». Cette fronde susciterait la répression la plus violente. Des révolutionnaires inconnus en quelque sorte.

 

 

Autour de Bruant

Aristide Bruant et Rudolphe Salis sont les grands créateurs du cabaret. Dans le dernier quart du XIXeme siècle Bruant conçut un format de spectacle nouveau, en rapport à l’exiguïté des lieux, l’espace réduit où se déroulaient ses spectacles, devant des tables où l’on buvait et bavardait sans façons; à la différence des prestigieux music-halls, des salles de spectacle et des théâtres populaires. Il créa presque à lui seul un genre, la chanson réaliste, qu’illustreraient plus tard Yvette Guibert, Fréhel Damia, Edith Piaf et tant d’autres. Surnommé “le François Villon moderne”, il inventa un style de provocation bien particulier, bousculant le public, celui qui se pressait dans son cabaret, le Mirliton, créé en 1885.

Peintre du paysage de la rue, il dessina tout un monde dont les héros appartenaient au petit peuple, au milieu des truands sans en donner une version larmoyante ou “sociale”. Donnant la parole à ces sans grade, victimes et malfaiteurs, il sut brosser en quelques phrases des portraits saisissants de personnages souvent voués à l’abîme.

Sa manière conserve une terrible acuité, une indéniable présence. Son actualité est celle des périodes charnières où la lecture du monde demande la subtilité du poète conjuguée à la force du provocateur.

Du cabaret montmartrois au Slam. D’Aristide Bruant et Jehan Rictus en passant par la Beat Generation et les Last Poets.. Animation : Cabaret Bruant de Nini Cabarets

Chez le grand pionnier Aristide Bruant la pratique syncopale du langage alliée à l’utilisation du vocabulaire des pégriots a crée une forme musicale poétique inédite. On la retrouve tout au long du XX éme siècle, chez Dada (Cabaret Voltaire), chez la Beat Generation, et les Last Poets et de nos jours dans le slam.

Les périodes charnières de l’histoire (entre l’écrasement de la commune et la première guerre mondiale, les guerres de Corée et du Vietnam) ont connut des formes d’expression musicale minimalistes, axées sur la parole et le rythme.

 

 


Django Reinhardt (photo DR)

La planète Django et le jazz manouche

Durée environ 2 heures
Illustration musicale : Alexandre Morier et Olivier Dambezat (guitaristes de Poumtchak)

Cette animation peut être complétée par un concert en direct avec un orchestre de ce style. La conférence, ponctuée d'extraits musicaux, porte sur l'histoire et la sociologie de la musique en question. Elle fait appel au dialogue avec le public (débat). Observations : ma bibliographie (auteur d'un Django Reinhardt, en collaboration avec Alain Antonietto,
(3e édition en français, la dernière étant chez Fayard, traduit et publié en italien)), mon travail de producteur (les disques Jazz Musette); ma connaissance directe du terrain nourrissent ce travail.

Variation : Les tsiganes

Durée environ 2 heures. (concert en option)

Conférence-débat en deux parties par Claire Auzias (historienne) et François Billard (musicologue) (en option concert, à la suite de la conférence)

Les Tsiganes sont le peuple de la musique, elle est une part de leur langage. Partout, ils se sont frottés aux musiques du cru. La France joue un rôle très particulier, terre de refuge, elle est aussi au carrefour des musiques. C’est là que naquit le jazz “manouche”, gage de survivance d’une tradition et de son perpétuel renouvellement.

Les légendes du Musette

Durée environ 2 heures

Elle s'accompagne de la projection d'un film “Jo Privat, le blues du musette” (co-auteurs François Billard et Didier Roussin). Cette animation peut être complétée par un concert en direct. Elle porte sur la formidable période, les années 1930 qui vit naître la seconde génération du musette– celle des Guerino, Gus Viseur, Toni Murena, Jo Privat -, celle aussi des petits bals, du Front populaire,
le moment où l'accordéon connut une formidable mutation, s'apparentant au jazz (swing) et utilisant les meilleurs guitaristes tziganes (manouches et gitans notamment, à commencer pat Django Reinhardt.

 

 

 

 

 

photo site billie

Billie Holiday

Durée environ 2 h

Un demi-siècle après après sa disparition, Billie Holiday deumeure une des chanteuses les plus bouleversantes de l’histoire du jazz.

Dès 1933, repérée par John Hammond, elle enregistre ses premiers titres, acompagnée par Benny Goodman! En 1935, elle passe à l’Apollo de Harlem, un des plus grands dancings de New York. Billie chanta avec les plus grands orchestres, d’abord celui de Count Basie, en 1937 (avec Lester Young) et aussi celui du grand clarinettiste blanc, Artie Shaw, en 1938, où elle vécut l’horreur quotidienne de la ségrégation, du racisme, seule noire dans un orchestre blanc. Le début des années 40 vit Billie s’accrocher à l’héroïne, c’est aussi à l’époque qu’elle enregistra God Bless the Child, (Dieu bénisse l’enfant), dont elle est l’auteur des paroles.

Cette conférence ponctuée d’extraits musicaux et de clips témoignera de la grandeur de son art et de l’étonnante modernité de son style pourtant enracinée et dans le blues et du tragique d’une existence marquée par la drogue.

 

 

 

visuelle conf jazz rock polar

Jazz et polar

Durée environ 2 h

Animation musicale : Daniel Huck

Jazz, Polar et cinéma parlant entretiennent des liens extrêmement serrés. Nés au même moment, ils chantent une Amérique désormais mythiques, celle des gangsters, des clubs malfamés, de l’alcool illicite. Chester Himes, David Goodis, et quelques autres, du côté américain, Jean-Patrick Manchette, Jean-Claude Izzo, de l’autre côté de l’Atlantique, sont autant de figures emblématiques du polar Jazzy.

Rock et polar

Durée : environ 2 heures

par François Thomazeau et/ou François Billard

Depuis le célèbre Blackboard Jungle d’Ed MacBain, qui inspira le film Graines de violence avec une musique de Bill Haley, en passant par Ian Rankin et Caryl Ferey, jusqu’aux récents romans de Georges Pelecanos, nombreux sont les passerelles et allers-retours entre les deux genres.

Les conférences seront illustrées d’extraits musicaux.

 

 

visuel conf moreau miles

Jazz et Cinéma


Durée : environ 2 heures


par François Thomazeau et/ou François Billard

Depuis le célèbre Blackboard Jungle d’Ed MacBain, qui inspira le film Graines de violence avec une musique de Bill Haley, en passant par Ian Rankin et Caryl Ferey, jusqu’aux récents romans de Georges Pelecanos, nombreux sont les passerelles et allers-retours entre les deux genres.
La conférence sera illustrée d’extraits musicaux.