Cabaret Zazou

Cabaret Zazou
Chansons Charles Trenet

Photo Mathilde Mandel

Le cabaret zazou, création de la chanteuse Nini Dogskin et du pianiste Martial Paoli déboulonne bon nombre d'évidences. D'abord parce qu'il suscite un bouillonnement créatif intemporel – l'éternité de Trenet n'est plus à démontrer, sa jeunesse se renouvelant au fil des ans – et renoue avec le fil d'Ariane d'une histoire bien négligée élaguée disons de ses branches les plus tordues.

Le Cabaret zazou met en scène les univers contrastés, jazzy et poétique, de Charles Trenet, inventeur de la chanson moderne, et celui, morose, de l'Occupation. Emportés par un rythme irrésistible, syncopé par l'humour, dans une folle sarabande, surgissent ses personnages, ludiques, oniriques et frondeurs. Ceux qu'en pleine guerre incarnent les “petits swings”, ces zazous qui sous la botte allemande inventent l'irrésistible slogan “Pour une France swing dans une Europe zazoue”

Entre deux chansons, un intermède sonore évoque directement l'atmosphère de l'époque, Radio-Londres, propagande de Vichy... Le jeu des éclairages, l'opposition noir et blanc – à l'instar des images du cinéma de ce temps - contribuent à planter le décor.

Les chansons de Trenet sont nées dans un monde particulièrement troublé : Les années 30 aboutissant au grand conflit mondial. La musique apparaît comme l'antidote par excellence, le swing, venu des Etats Unis, s'étend au monde entier et signifie l'avènement de la jeunesse comme porteuse d'une mode.

En 1940, dans la France occupée, l'attitude des Zazous « les petits swings », punks avant la lettre, est ressentie comme une énorme provocation face à l'ordre pétainiste, moraliste et sévère.

 

Interprétation : Nini Dogskin
Piano: Martial Paoli
Chansons
: Charles Trenet
Collaboration artistique : Christophe Croullebois
Montage son : Laurent Alemani

Remerciements
Leda Atomica Musique et Phil Spectrum, Théâtre Marie Jeanne, Cabu, François Billard